« Kabullywood » lundi 21 mars 20h30

(2017) Louis Meunier Afghanistan 1h25 Avec Roya Heydari, Omid Rawendah, Ghulam Reza Rajabi

A Kaboul en Afghanistan, quatre étudiants décident de rénover un cinéma abandonné, qui a miraculeusement survécu à 30 ans de guerre. Comme un acte de résistance contre le fondamentalisme des talibans, iront-ils au bout de leur rêve pour la liberté, la culture, le cinéma…?

On pourrait dire que « Kabullywood » est à l’Afghanistan ce que « Los Hongos » était à la Colombie : une œuvre hybride (ni vraie fiction, ni faux documentaire) qui suit l’élan d’une jeunesse assoiffée de culture et en quête de sens dans un pays qui a connu trop de conflits et de souffrances. Dans les deux films, on assiste aussi à un véritable projet artistique, quasiment en « temps réel » : une grande fresque de street art dans le film colombien et la rénovation d’un cinéma dans ce long métrage franco-afghan…..

Les comédiens sont manifestement portés par leur enthousiasme et leur propre envie de vivre et de créer librement. Mieux encore, un des protagonistes n’est pas qu’un personnage : Naser Nahimi est le véritable projectionniste et gardien de ce cinéma abandonné (à qui Meunier a également consacré un documentaire intitulé « Kabul Cinema »), et on sent la passion, l’émotion et la générosité transpirer à chaque plan où il apparaît. Enfin, pour couronner le tout, il convient de saluer la bande-son signée par le groupe français Orange Blossom, qui sait si bien rendre moderne la chaleur de la musique orientale. Que vive la culture, pour que vivent les peuples ! Raphaël Jullien

La fiction et la réalité finissent par se confondre. Pendant le tournage, un des responsables de la sécurité chargée de la protection de l’équipe menace de tuer l’actrice si elle venait à toucher un homme sur le plateau. Louis Meunier s’en plaint auprès des autorités. Peu après, la maison qui abritait les techniciens et les acteurs est mitraillée par des policiers…

La caméra filme jour après jour la restauration du cinéma Aryub tout en jonglant avec la guerre et les difficultés qu’elle entraîne. Un matin, un attentat entrave l’accès à un quartier, annulant les prises de vues. Un autre, le générateur tombe en panne. Le lendemain, une scène d’incendie dégénère en véritable départ de feu, manquant de peu de blesser l’équipe, sous les yeux de vrais pompiers qui avaient été enrôlés pour l’occasion. Le réalisateur s’obstine. Dormant trois-quatre heures par nuit, il réécrit le scénario au gré des péripéties du tournage. La Croix

Louis Meunier

débarque en Afghanistan au mois de mars 2002 pour participer à l’effort de reconstruction. Par la suite, il guide des groupes d’alpinistes dans les montagnes du Pamir et traverse l’Afghanistan à cheval. Il fera partie de l’équipe de buzkashi de Kaboul pendant trois ans .

En 2007, il crée Taimani Films, une société de production audiovisuelle basée à Kaboul. Louis produit et réalise des films pour la télévision et le cinéma dont les documentaires Prisonniers de l’Himalaya et 7 000 mètres au-dessus de la guerre

Il vit actuellement en Jordanie